L’enveloppement du mort dans son linceul.

Après avoir lavé le mort, il faut l’envelopper dans un linceul selon l’ordre du Prophète (ﷺ) à propos de l’homme en état de sacralisation tué par sa monture : « … Et enveloppez-le dans un linceul… »

Le linceul ou la dépense qu’il nécessite doit être prélevé sur les biens du défunt même s’il ne laisse rien après cela pour ses héritiers.

D’après le hadith de Khabbab Ibn Al-Aratt qui a dit : « Nous avons émigré avec le Messager d’Allah (ﷺ) dans le sentier d’Allah ne désirent que le Visage d’Allah.

Nous recherchions par-là la récompense d’Allah.

Certains d’entre nous sont morts sans avoir pris quoi que ce soit de leur récompense [dans ce bas-monde]. Mus’ab Ibn ‘Umayr était de ceux-là ; il fut tué lors de la bataille d’Uhud, et l’on ne trouva rien (dans une autre version : « il ne laissa rien ») pour l’envelopper, mis à part un habit rayé. Lorsqu’on lui couvrait la tête avec ses pieds dépassaient, et lorsque l’on couvrait ses pieds, sa tête dépassait.

Le Prophète (ﷺ) dit alors : « Placez-le sur la tête (dans une autre version : couvrez-lui la tête avec) et couvrez ses pieds avec des branches d’Idhkhir. » D’autre parmi nous ont vu le fruit de leurs efforts mûrir, et c’est ainsi qu’aujourd’hui, ils le cueillent. »


Comment doit être le linceul ?

Le linceul doit être long et large afin qu’il couvre le corps entier du défunt.

D’après le hadith de Jabir Ibn ‘Abillah (رضي الله عنهما) :« Le Prophète (ﷺ) fit un jour un sermon et parla de l’un de ses compagnons décédé, qui fut enveloppé dans un linceul trop court et enterré de nuit. Le Prophète (ﷺ) réprouva le fait que l’on enterre le défunt de nuit avant que l’on ait prié sur lui, excepté si l’on y est contraint. Le Prophète (ﷺ) dit : « Si l’un d’entre vous enveloppe un de ses frères en religion dans son linceul qu’il fasse [son possible pour] que le linceul soit convenable. »

Les savants on dit : « Faire en sorte que le linceul soit convenable concerne la propreté du linceul, la densité de son tissu, sa propension à couvrir le corps et le fait qu’il soit de qualité intermédiaire. Il ne s’agit ici ni de gaspiller, ni d’engager de grosses dépenses pour l’acheter, ni de rechercher la valeur du tissu. »

Si le linceul ne répond pas à ces critères et qu’il n’est possible de trouver un linceul de longueur suffisante, on couvrira d’abord la tête du défunt et ce qu’il suivra tout en couvrant les parties restantes du corps avec de l’Idhkhir ou quelque autre herbe. Il y a, à ce propos, deux hadiths :


D’après Khabbâb Ibn Al-Aratt dans le récit de Mus’ab et plus particulièrement ses propos relatifs au vêtement rayé de Mus’ab : « Placez-le sur la tête (dans une autre version : couvrez-lui la tête avec) et couvrez ses pieds avec des branches d’Idhkhir. »
Hârithah Ibn Mudharrib a dit : « Je me suis introduit auprès de Khabbâb qui avait déjà subi sept cautérisations [au ventre] Il dit : « Si je n’avais pas entendu le Messager d’Allah (ﷺ) dire : « Que personne d’entre vous ne souhaite la mort pour lui-même », je l’aurais certes fait. Je me souviens du temps où j’étais avec le Messager d’Allah (ﷺ) alors que je ne possédais même pas un dirham. Et voici que le coin de ma maison recèle aujourd’hui quarante mille dirhams ! » Il apporta son linceul. Lorsqu’il l’observa, il se mit à pleurer et il dit : « One ne trouva comme linceul pour Hamzah qu’un manteau gris. Si on le mettait sur la tête, il ne lui couvrait pas les pieds ; et si on le mettait sur ses pieds, il ne couvrait pas sa tête. On finit par couvrir ses pieds avec des branches d’Idhkhir. »

Si les linceuls ne sont pas en nombre suffisant pour le nombres de morts, il est permis d’envelopper plusieurs morts avec un seul linceul, en disposant celui qui connait le plus de Coran le plus près de la Qiblah.

  • D’après le hadith D’Anas (رَضِيَ اللهُ عَنْهُ) :« Lors de la bataille d'Uhud, le Messager d'Allah (ﷺ) passa près de Hamzah lbn Abdul-Muttalib qui avait été mutilé et torturé. Le Prophète dit : « Si je ne craignais que Safiyyah en éprouve [en son for intérieur] quelque ressentiment, je l'aurais abandonné [jusqu'à ce que les charognards le consomment] et qu'Allah le fasse ressusciter du ventre des vautours et des fauves. ». Il l'enveloppa dans un habit rayé. Lorsqu'ils lui couvraient la tête, ses pieds se découvraient et lorsqu'ils lui couvraient les pieds, sa tête se découvrait. Il décida alors de lui couvrir la tête. Le Prophète ne pria sur aucun des martyrs si ce n'est lui. Il dit: « Je suis aujourd'hui témoin en votre faveur » [Anas dit: « Les morts étaient nombreux et les vêtements servant de linceuls en nombre insuffisant,] on enterrait les morts par deux ou par trois dans une seule tombe, et on demandait quels étaient ceux d'entre eux qui connaissaient le plus de Coran afin de les y faire précéder. On enveloppait les morts par deux ou par trois avec un seul linceul. »

Cheikh Al-Islâm Ibn Taymiyyah (رَحِمَهُ الله) a dit: « Le sens du hadith est qu'un seul linceul était partagé entre plusieurs morts, chacun étant enveloppé [individuellement] dans un des morceaux, même s’il ne suffisait pas à couvrir le corps entier. La suite du hadith le démontre, notamment le fait qu'on demandait lequel d'entre les morts connaissait le mieux le Coran afin de le disposer en premier dans la tombe. Si tous les morts étaient enveloppés dans un seul linceul, on aurait dû demander au préalable lequel d'entre eux connaissait le mieux le Coran pour ne pas avoir à faire et défaire le linceul. » Tout cela a été cité dans Awn Al-Ma»bûd (3/165) et c'est une interprétation juste.

Quant à ceux qui ont interprète littéralement le hadith, c’est une erreur qui va à l’encontre du contexte du récit comme l’a démontré Ibn Taymiyyah. Plus éloignée encore de la réalité est celui qui a dit que le sens voulu par : « Un linceul unique » est : « Une tombe unique » Or, le fait de les mettre à plusieurs dans une tombe est cité explicitement dans le hadith, donc en parler une deuxième fois n’aurait aucun sens.


Le linceul du martyr

Il n’est pas permis de retirer les vêtements que porte le martyrsur lui au moment de sa mort, au contraire, il doit être enterré dans ses vêtements selon les propos du Prophète (ﷺ) concernant les morts d’Uhud : « Enveloppez-les dans leurs vêtements. »

Il est préférable d’envelopper le martyre tout habillé dans un linceul composé d’une pièce ou plus comme l’a fait le Messager d’Allah (ﷺ) avec Mus’ab Ibn Umayr et Hamzah Ibn Abdul-Muttalib. Leur récit a été abordé dans les points précédemment. Il y a par ailleurs d’autre récits à ce sujet en autre :

  • Az-Zubayr Ibn AI- Awwâm (رَضِيَ اللهُ عَنْهُ) a dit: « Lors de la bataille d'Uhud, une femme vint en courant jusqu'à presque atteindre l'endroit où gisaient les morts. Az-Zubayr dit : « Le Prophète (ﷺ) répugna à ce que cette femme les voit. II cria: « La femme ! La femme ! » Je reconnus alors ma mère Safiyyah. Je me précipitai vers elle et l'interceptai avant qu'elle ne parvienne jusqu'aux dépouilles. Elle me frappa la poitrine, étant d'une constitution robuste.
    Elle me dit: « Va t-en ! Puisse-tu être privé de tout bien ! » Je rétorquai : « Le Messager d'Allah a pris cette décision à ton encontre. » Elle s'arrêta alors brusquement et sortit deux vêtements. Elle dit: « le suis venue avec ces deux vêtements pour mon frère Hamzah, car on m'a annoncé la nouvelle de sa mort. Enveloppe-le dans ces deux vêtements » Az Zubayr continua : « Nous allâmes avec les deux vêtements envelopper le corps de Hamzah lorsque nous vîmes le corps d'un Ansâr placé près de lui. Il avait subi le même sort que Hamzah. Nous éprouvâmes beaucoup de gêne et de honte à envelopper Hamzah dans deux vêtements alors que l'Ansâr n'en disposait d'aucun. Nous dîmes : « Un vêtement pour Hamzah et un autre pour l'Ansâr. » Nous comparâmes la longueur des deux vêtements. L'un était plus long que l'autre. Nous tirâmes au sort enveloppâmes chacun des deux corps avec le vêtement qui lui avait été dévolu. »

L'homme mort en état de sacralisation doit être enveloppé dans les deux pièces de tissu qu'il portait au moment de sa mort.

Selon le hadith du Prophète (ﷺ) relatif à l’homme en état de sacralisation tué par sa chamelle, d’après Ibn ‘Abbas (رضي الله عنهما) qui a dit :« Un Homme se trouvait au mont ‘Arafat pendant le pèlerinage lorsqu’il tomba de sa monture et se brisa la nuque (ou « mourut sur le coup », dit-il). Le Prophète (ﷺ) dit : « Lavez-le avec de l’eau et du lotus et enveloppez-le dans deux vêtement (et dans une autre version : « dans ses deux vêtement »). Ne l’embaumez pas (et dans une autre version : » Ne le parfumez pas. ») et ne couvrez ni sa tête [ni son visage] car il sera ressuscité le jour de la Résurrection en train de prononcé la Talbiyah ».


Concernant les qualités du linceul, plusieurs choses sont recommandées:


La blancheur du linceul d'après ces propos du Prophète (ﷺ): « Portez des vêtements blancs car ce sont les meilleurs vêtements. Enveloppez-en aussi vos morts, »
Il doit être constitué de trois pièces, d’après le hadith de ‘Âisha (رَضِيَ اَللَّهُ عَنْهَا) :« Le Messager d’Allah (ﷺ) fut enveloppé dans un linceul composé de trois pièces de tissu blanc d’origine yéménite tissé de fils de coton. Ces trois pièces n’étaient composées ni de tunique ni de turban, [il y fut progressivement enveloppé].
Il convient, dans la mesure du possible, que l’une des pièces du linceul soit rayée selon les propos du Prophète (ﷺ) : « Si l’un d’entre vous meurt et que l’on trouve de quoi l’envelopper, qu’il soit enveloppé dans un vêtement rayé. »

Et sache qu’il n’y a pas de contradiction entre ce hadith et le hadith relatif à la blancheur du linceul : « Enveloppez vos morts dans un vêtement blanc. »

En effet, il est possible de concilier les deux suivant l’une des nombreuses méthodes de conciliation connues chez les savants.

  • La première :c’est que le vêtement soit blanc et rayé et que le blanc soit dominant. À ce moment-là, elle entre dans le sens du premier hadith car la règle affirme que toutes dans toutes choses, c’est ce qui domine qui est pris en compte. Ceci, dans le cas où il s’agirait d’un seul linceul. S’il se compose de plusieurs pièces, il est encore plus facile de concilier les deux hadiths, de la façon suivante
  • La seconde : c’est que l’on ait recours à une pièce de tissu rayé et à d’autre blanches. Dans ce cas, on peut appliquer les deux hadiths.
Il convient d’encenser le défunt à trois reprise conformément au parole du Prophète (ﷺ) : « Si vous encensez le défunt, faite- le trois fois. »

Il n’est pas permis de trop dépenser pour l’achat du linceul ni de dépasser le nombre de trois pièces car cela va à l’encontre de la façon dont le Messager d’Allah (ﷺ) a été enveloppé dans son linceul, comme nous l’avons vu le point précédent. Cela revient à gaspiller de l’argent, ce qui est défendu.

Le Messager d’Allah (ﷺ) a dit : : « Allah déteste trois choses dans vos actes : me fait de colporter les dires, gaspiller son argent et poser trop de questions. »

A titre de remarque, les propos d’Abu At-Tayyib à ce sujet dans Ar-Rawdhah An-Nadiyyah (1/165) : « Le grand nombre de linceuls ainsi que l’exagération dans leur prix ne sont pas des choses louables, car, à supposer que la Lois islamique ne l’avait pas réprouvé, cela aurait constitué un gaspillage d’argent parce que le défunt n’en tire aucun profit, ni le vivant d’ailleurs. Qu’Allah fasse miséricorde à Abu Bakr As-Siddiq qui quand on lui fit remarque que les tissus qu’il avait choisis pour son linceul étaient usé dit « Le vivant est plus en droit de profiter de ce qui est neuf. »

Le cas de la femme est, à ce sujet identique à celui de l’homme dans la mesure où rien ne vient affirmer une quelconque différence.