Le lavage du defunt

Lorsqu’une personne meurt, il est obligatoire de s’empresser de le laver, comme l’attestent de nombreux hâdith .

Ainsi, à la mort de sa fille Zaynab (qu ‘Allah l’agrée), le Prophète (PBSL) déclara : 

« Lavez-la trois ou cinq fois ou sept fois ou même plus ».

Rapporté par Al-Bukhârî, Abû Dâwûd, Al-Nasâ’î, Al-Tirmidhî, Ibn Mâja, Ibn Jârûd et Ahmad.

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Placer le défunt sur une table surélevée. Faire l’intention du lavage. Dévêtir le défunt tout en laissant couvertes ses parties intimes.

Homme : du nombril à la moitié de la cuisse
Femme : de la poitrine aux genou.

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Commencer par presser légèrement le ventre et le bas-ventre du défunt afin de faire sortir des restes, qui risqueraient de souiller le linceul une fois le lavage terminé. Laver ensuite les parties intimes en utilisant un gant (de toilette). Enlever toute trace de souillure (excréments, urine, sang…). Enfin laver le reste du corps.

Effectuer pour le défunt les petites ablutions (wudû) comme pour effectuer la prière puis procéder au lavage rituel (ghusl).

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Procéder au lavage rituel du corps une fois avec de l’eau propre (sans savon ni parfum selon l’imam Mâlik), en commençant par la tête, puis la partie droite du buste et le membre supérieur droit, puis la partie gauche du buste avec le membre supérieur gauche, puis les membres inférieurs droits et enfin les membres inférieurs gauches. S’il y a nécessité on peut rajouter deux ou quatre lavages avec du savon. Veillez à ce que le nombre de lavage soit impair dans la mesure du possible. Utiliser de l’eau parfumée pour le dernier lavage, excepté pour le pèlerin en état de sacralisation.

Pour la défunte, défaire les cheveux pour le lavage puis une fois celui-ci terminé, faire trois tresses et les mettre en arrière de la tête, et non pas sur la poitrine.

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Après avoir fini le lavage, sécher le corps avec du linge propre, afin d’envelopper le corps dans le linceul. Mettre du parfum (ou du musc) sur les parties de prosternation du corps (front, nez, mains, genoux, pieds) dans la mesure du possible, ainsi que sur les autres parties du corps comme le faisaient certains compagnons du Prophète (PBSL), excepté pour la défunte.

1) Laver trois fois ou plus si vous le jugez nécessaire.

2) Le nombre de lavage doit être impair.

3) Un des lavages doit être avec de l’eau et du lotus (al-sidr), ou un autre produit comme du savon.

4) Lors du dernier lavage, il faut parfumer l’eau, notamment avec du camphre.

5) Défaire les nattes (cheveux) et bien les laver.

6) Peigner les cheveux.

7) Pour la femme, coiffer ses cheveux en trois nattes et les rabattre en arrière.

8) Commencer le lavage par le côté droit et par les membres des ablutions.

9) Essuyer le corps correctement et le parfumer abondamment avec le meilleur parfum, excepté pour la défunte.

« Si vous parfumez le mort, faites-le par trois fois. »

Rapporté par Ahmad, Ibn Abû Shayba, Ibn Hibbân, Al-Hakim et Al-Bayhâqî.

10) a) Lorsque quelqu’un du genre masculin meurt, se sont des hommes qui doivent s’occuper du lavage, et lorsque quelqu’un du genre féminin meurt, alors les femmes doivent s’occuper du lavage :

« Le Prophète (PBSL) est entré alors que nous (les femmes) lavions sa fille (Zaynab). Il (PBSL) nous dit alors :

 » Lavez-la par trois, cinq ou sept fois ou même plus si vous le jugez nécessaire. »

Umm ‘Atiyy dit alors :

 » Cela doit être un nombre impair ?  »

Il (PBSL) répondit :

 » Certes, oui, mais dans l’eau du dernier lavage, mettez du camphre, ou un peu de camphre, puis quand vous aurez terminé, prévenez-moi. »

Lorsque cette dernière et ses compagnes eurent terminé, elles en informèrent le Messager d’Allah (PBSL). Il (PBSL) leur donna un vêtement en leur disant :

 » Recouvrez-la de cette étoffe »

Umm ‘Atiyya et ses compagnes avaient divisé en trois tresses les cheveux de Zaynab, qu’elles avaient auparavant lavés, puis tressés et enfin rabattus derrière elle.

Le Messager d’Allah (PBSL) leur ordonna de commencer le lavage du corps par les membres du côté droit et par les parties du corps qu’on lave lors des ablutions ».

Rapporté par Al-Bukhârî, Muslim, Abû Dâwûd, Al-Nasâ’î, Al-Tirmidhî, Ibn Mâja, Ibn Jârûd et Ahmad.

b) Chacun des époux peut faire le lavage de l’autre. Selon ce hâdith rapporté par ‘Aïcha (qu’Allah l’agrée) :

« Le Messager d’Allah (PBSL) est revenu après des funérailles au Baqî’, il me trouva me plaignant d’un mal de tête. Je disais :  » Ma tête ! ».

Il (PBSL) m’a répondu :

 »Moi aussi, ma tête ! Si tu meurs avant moi je te laverai, t’embaumerai. Ensuite, je prierai sur toi et t’enterrerai. » »

Rapporté par Ahmad, Al-Darimi, Ibn Mâja, Abu Yala, Ibn Hisham, Al-Daraqutni et Al-Bayhaqi.

En effet, il existe un très large accord entre les savants sur la licéité que l’épouse lave son mari défunt, même si des hommes présents peuvent le faire. Trois écoles jurisprudentielles (mâlikite, shâfi’ite et hanbalite) sur quatre permettent à l’époux de laver son épouse morte même si des femmes présentes peuvent le faire.

Dans le cas où il n’y aurait que des hommes pour laver une femme, ils ne sont tenus de procéder qu’au tayammum, c’est-à-dire une toilette sèche. De même, s’il n’y a que des femmes en présence d’un homme mort qui n’est pas mahram (homme qu’une femme ne peut pas épouser) pour l’une d’elles, il ne faut effectuer que le tayammum.

11) Laver le mort avec un gant de toilette ou autre, sous un drap qui cache son corps après l’avoir déshabillé entièrement, car c’est cette pratique qui était en vigueur à l’époque du Prophète (PBSL).
Selon ce hâdith rapporté par ‘Aïcha (qu’Allah l’agrée) :

« Lorsqu’ils voulurent laver le Prophète (PBSL), ils dirent :  » Par Allah, nous ne savons pas si nous devons dévêtir le Messager d’Allah (PBSL) comme nous le faisons pour les autres morts, ou devons-nous le laver dans ses vêtements. Ils divergèrent à ce sujet. Allah (SWT) les endormit alors, à tel point qu’ils avaient tous le menton sur la poitrine. Ensuite, une voie retentit d’un côté de la maison leur disant de laver le Prophète (PBSL) dans ses vêtements. Ils se sont levés et ils lavèrent le Messager d’Allah (PBSL) alors qu’il était vêtu de sa tunique (qamîs). Ils versaient l’eau sur son qâmis en le frottant avec cette tunique, sans que leur peau ne touche la sienne. Et ‘Aïcha (qu’Allah l’agrée) a dit :
 » Si c’était à refaire, ce serait nous ses épouses qui l’aurions lavé ». »

Rapporté par Abû Dâwûd, Ibn Jârûd, Al-Tayâlisî, Ahmad, Ibn Mâja et Ibn Hibbân.

12) Le but en couvrant le corps est de ne pas voir la nudité (‘awra) et de ne pas toucher le défunt.

13) Celui qui doit accomplir le lavage (du mort), doit être celui qui connaît le mieux la Sunna du lavage, accompagné de personnes proches du défunt.

Celui qui accomplit le lavage du mort a une grande récompense à deux conditions :

a) Qu’il ne dévoile pas ce qu’il pourrait voir de désagréable ; conformément à la parole du Messager d’Allah (PBSL) qui dit :

« Celui qui accomplit le lavage d’un musulman et n’en dévoile rien, Allah (SWT) lui pardonnera quarante fois. Celui qui lui creuse sa fosse et l’y introduit, aura la même récompense que s’il l’avait abrité jusqu’au Jour de la Résurrection d’habits de soie fine et de brocard du Paradis. »

Rapporté par Al-Hâkim, Al-Bayhâqî et Al-Asbahânî.

  1. b) Qu’il le fasse en vue de plaire à Allah (SWT), qu’il n’attende ni récompense ni remerciement de ce bas monde, comme cela a été stipulé dans les lois d’Allah (SWT) : les adorations ne sont acceptées que si elles sont faites en vue de plaire à Allah (SWT) seul.

    Selon le Prophète (PBSL) :

« Les actions ne valent que par les intentions. Il sera donc tenu compte à chaque homme de ses intentions, pour celui qui aura émigré en vue d’Allah (SWT) et son Messager (PBSL), son émigration est pour Allah et son Messager (PBSL), et celui qui aura émigré en vue de biens terrestres, ou afin de trouver une femme à épouser, l’émigration ne comptera que pour le but qui aura déterminé son voyage. »

Rapporté par Al-Bukhârî, Muslim et autres

14) Il est recommandé à celui qui a effectué le lavage (du mort) de se laver (ghusl); conformément à la parole du Prophète (PBSL) :

« Celui qui lave un mort qu’il se lave (ghusl), et celui qui l’a porté fasse ses ablutions ».

Rapporté par Abû Dâwûd, Al-Tirmidhî, Ibn Hibbân, Al-Tayâlisî et Ahmad.

Les savants qui préconisent de procéder aux grandes ablutions (ghusl) restent minoritaires. Le choix est donc laissé au croyant, comme le faisaient les compagnons du prophète (PBSL).

15) Il n’est pas permis de laver le martyr tué lors d’un combat même s’il est en état d’impureté majeur (janabâ).

Rites Religieux

Au quotidien les Pompes Funèbres Musulmanes Amana se mettent au service de la communauté musulmane. Comme vous le verrez dans la vidéo ci-dessous nous partageons notre expérience en matière de lavage mortuaire lors de conférences organisées dans les mosquées. Nous recherchons par cela l’agrément d’Allah جل و علا conformément à la parole du prophète صلى الله عليه وسلم :

« Celui qui accomplit le lavage d’un musulman et n’en dévoile rien, Allah lui pardonnera quarante fois. » 

Rapporté par Al-Hakim, Al-Bayhaqi, Al-Asbahani